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Metz : une politique de cigale fort dépourvue quand la bise fut venue

Intervention de Françoise Grolet lors du conseil municipal de Metz, le 26 novembre 2015
Débat d’orientations budgétaires

Voir le DOB de Metz du 26 novembre 2015

Parapluies, marché couvert de Metz
M. le Maire,
Vos orientations budgétaires ont trouvé ces jours derniers leur illustration dans les rues de la ville. J’ai irrésistiblement pensé à votre gestion des finances dans un endroit insolite, la cour du marché couvert. Les passants ont vu un jour des ouvriers de la Ville s’affairer. Pour entamer enfin la rénovation du plateau piétonnier ? Non, depuis le temps qu’il se dégrade, ça attendra bien encore quelques mois. On a donc vu tendre des câbles en hauteur, où ont été accrochées des cargaisons de parapluies, 1400 au total, que des agents techniques perchés sur des élévateurs ont ensuite patiemment ouverts un par un, toute la journée jusqu’à la nuit. Jusque-là on se croyait dans un tableau de Magritte, c’était surprenant mais féerique, on avait envie d’y croire, comme aux promesses de Monsieur le Maire.

Mais ce qui devait arriver arriva : le vent s’est levé, et a emporté l’œuvre d’art, parapluie après parapluie. Il a fallu tout démonter, en condamnant encore une fois la place dans son utilité quotidienne, pour les usagers du centre-ville et notamment les clients du marché couvert, comme vous l’avez déjà condamnée à terme, ainsi que les commerçants qui ne survivront pas à la disparition du stationnement.

Cet incident (à quel prix ?) était donc peut-être prémonitoire, et j’y ai vu l’illustration de votre politique de cigale fort dépourvue quand la bise fut venue, bise pourtant aussi prévisible que la neige sur le toit du Pompidou.

Mais la morale des fables n’est pas pour les socialistes. On a dépensé à tous les niveaux sans compter, et on se rend compte bien tard que ce rythme d’augmentation de la dépense n’est pas soutenable, alors on doit tailler dans le vif, de façon brutale parfois. Et comme à Metz on est plus malins que les autres collectivités, on s’entête dans des investissements démesurés, décalés au regard de la conjoncture, non productifs, qui vont faire exploser notre endettement : j’ai nommé le Palais des Congrès.

Il s’agissait Monsieur le Maire de réorienter le budget municipal vers quelques priorités, d’aller à l’essentiel, de chasser saupoudrage et gaspillages, de s’interdire les dépenses hors compétence. Avec cela, on pouvait supporter les baisses de dotations, et éviter les dérapages façon Metz-Métropole. Vous avez choisi de faire payer le quotidien des Messins avec les augmentations de tarifs et de fiscalité, le quotidien ds agents municipaux et le service public, pour pouvoir comme vous dites « sanctuariser le budget culture » et financer vos dépenses pharaoniques. Avant de dépenser moins, nous vous demandons d’abord de dépenser juste !

Ayons déjà la prudence d’appuyer ces prévisions budgétaires sur des bases réalistes. Il est clair que la croissance de 2016 sera impactée par les événements récents. Les chiffres du chômage, qui sont qualifiés de « stabilisés » dans le rapport, ne le sont que par une sous-évaluation flagrante, en gommant des statistiques des millions de personnes soit hors des écrans radar de Pôle emploi, soit travailleurs qui subissent un temps partiel non choisi, soit ceux sont sous-payés dans des emplois aidés qui pèsent lourd sur les finances publiques, faute d’emplois réels.

L’état exige donc des collectivités locales, comme du système de protection sociale plus de vertu qu’il n’en montre, un problème historique puisqu’il n’est pas astreint à l’équilibre budgétaire et on le paye au prix fort aujourd’hui. L’état veut certes diminuer son déficit, mais la sécurité sociale doit devenir excédentaire, avec la casse qu’on constate, et les collectivités seront diminuer par deux le déficit creusé par leurs emprunts d’investissement.
Même tendance pour l’autre volet, improprement nommé maîtrise des dépenses, puisqu’il y a longtemps que l’état ne maîtrise rien. Le schéma page 3, table sur un scénario de croissance toujours aussi irréaliste où la consommation des ménages et les exportations repartent, alors que l’investissement privé s’envole carrément. Déjà dans ce contexte, le projet de loi de finances a décidé que la dépense publique ne pourrait pas augmenter de plus d’1% pour Metz et son agglomération. « Baisse de la hausse » qui n’est pas néfaste en soi, au contraire, le tout est de choisir sur quoi l’effort portera.

Enfin, parlons de la baisse des dotations d’état, objet de beaucoup de lamentations, ce qui n’est logique ni de votre part puisque c’est votre gouvernement qui est à la manœuvre, ni de la part de l’UMP puisque cette baisse a été amorcée sous Nicolas Sarkozy en 2010.

evolution-recettes-dotation-globale-fonctionnement-commune-METZ-2014

Gérer la disette est si compliqué pour vous que le document d’orientation passe beaucoup de temps à s’inquiéter d’avance sur la réforme à venir de la DGF (Dotation Globale de Fonctionnement), reportée à 2017, qui va encore écorner notre enveloppe. Cela prouve au moins que vous avez intégré le concept « gouverner c’est prévoir » !

Venons-en enfin au sujet qui fâche, les finances de Metz. Et là comment ne pas dénoncer l’affirmation réitérée que la fiscalité n’a pas augmenté depuis que les socialistes dirigent Metz ?! Info ou plutôt intox reprise de façon bien complaisante par France 2, et Monsieur le Maire vous avez récidivé il y a quelques jours sur France Bleu, je cite « les taux d’imposition n’ont pas augmenté depuis 6 ans ».

C’est justement il y a 6 ans, après votre première promesse électorale inverse, qu’ils ont augmenté, deux années de suite, et une troisième fois il y a quelques mois, après une seconde promesse électorale de ne pas y toucher !

Le rapport évoque page 9 la Cour des Comptes. Celle-ci n’a pas élevé Metz au rang d’exemple, mais au contraire cité Metz qui comme d’autres est contrainte d’initier un plan d’économies de fonctionnement pour restaurer une capacité d’investissement qui ne cesse de se dégrader.

Vous avez donc commencé par la pire des solutions, en actionnant la pompe à finances, en taxant les Messins de 950 000 € supplémentaires en septembre. Facile d’annoncer dans votre conférence de presse « je vais proposer de ne pas augmenter les taux des impôts locaux » en 2016 alors que cela vient d’être fait avant le vote du budget 2016 ! Si l’on ajoute le fait que les base fiscales augmentent mécaniquement, ce qui n’est pas de votre fait, en réalité les recettes de la ville vont augmenter automatiquement ET par vos hausses d’impôts, la feuille d’impôts d’une partie des Messins aussi, et le discrédit des politiques en sera renforcé.

Pour échapper au fameux effet ciseaux, maintenant, il vous faut parallèlement freiner ce que vous appelez joliment « des dépenses dynamiques et difficilement compressibles (p9). Politique budgétaire vertueuse sur le modèle des foyers et des entrepreneurs messins qui se serrent la ceinture ? Ou politique contrainte par l’Etat lui-même sous contrainte de Bruxelles ?

Austérité donc mais pour qui ? Pour les agents de la Ville qui devront faire le même travail avec moins de moyens humains ? Pour le service public qui sera privatisé, on le verra dans la suite de ce conseil, avec la gestion du stationnement sur voirie comme ça a déjà été fait pour l’entretien des bâtiments scolaires, concédé à des sociétés privées et il n’est que de voir la dégradation du service rendu et celle des conditions de travail des agents, sans compter l’instabilité due aux marchés renouvelés tous les 3 ans. Un système qualifié d’esclavage jadis naguère par votre adjointe aux affaires scolaires. Vous avez appelé à une révolution culturelle, c’est incontestablement le cas pour des socialistes !

Rationaliser l’emploi public, c’est très légitime puisqu’on a des comptes à rendre au contribuable, mais pas à n’importe quel prix, pas avec une dégradation du niveau de service. Et surtout quand parallèlement, la municipalité n’hésite pas à embaucher des contractuels hors cadre de la fonction publique, on l’a vu pour la direction de la culture, on va le voir à ce conseil pour un poste d’attaché de presse !

L’austérité n’est donc pas pour tous. Et je ne peux pas ne pas relever l’analyse selon laquelle, après avoir dit que la croissance des recettes de fonctionnement est due à la hausse de fréquentation, je cite : « l’évolution des tarifs municipaux est globalement liée à l’inflation ». Ce n’est pas vrai, puisque vous avez décidé tout récemment d’augmenter les tarifs municipaux des piscines, cantine, etc.
Austérité donc pour les foyers messins, austérité pour le personnel, mais pas pour le budget culture. La cigale continuera donc de chanter.

Et elle continuera de proclamer son autosatisfaction, puisqu’en page 16 on peut encore lire que Metz est très peu endettée par rapport à la moyenne des villes comparables. Toutes n’ont sans doute pas une intercommunalité qui a docilement financé un Mettis, mettant ses propres finances en péril, au profit d’une très petite partie des habitants. Et surtout, le tableau de la page 16 est éloquent.

Regardez la tendance de l’encours de la dette depuis 2010 : il a plus que doublé entre 2013 et 2014, triplé entre 2013 et 2104, et si on ajoutait l’endettement que vous comptez infliger à la ville dans les années à venir, les colonnes crèveraient le plafond du tableau !
« Une dette jeune » dites-vous, mais avec les socialistes elle est promise à un bel avenir !

Ayant pris connaissance de vos orientations budgétaires, nous restons quelque peu désorientés. Nous attendrons de connaître les décisions réelles du budget 2016, pour juger sur pièce. Nous le ferons avec réalisme et sens des responsabilités, puisqu’il est bien que la classe politique se rende enfin compte que l’argent public ne peut pas être dépensé comme de l’argent de poche.
On n’en serait pas là si depuis 40 ans, l’état puis les collectivités locales n’avaient pas laissé filer la dépense avec insouciance. L’état portant une double responsabilité, celle d’avoir voté des budgets en déséquilibre depuis des décennies, et celle d’avoir biaisé la décentralisation en transférant des charges sans les budgets correspondants. Les collectivités locales portent une double responsabilité également, celle d’avoir accepté les conditions de ces transferts de gouvernements dont elles partageaient la couleur politique, trop heureuses de prendre de l’importance et de la visibilité, et la responsabilité d’avoir bâti un système de financements croisés, de dépenses hors compétence, système qui craque aujourd’hui.

Il y a, nous en convenons puisque nous l’avons dit depuis longtemps, beaucoup à faire pour rendre plus efficace et plus supportable la dépense publique, mais pas, comme nous le montrerons dans la suite de ce Conseil, en commençant par détricoter le service public, ni en se lançant dans le pharaonique Palais des congrès.

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Migrants
Malgré les demandes du groupe Front National, le maire de Metz et son équipe ne veulent pas demander leur avis aux messins par le biais d'un référendum sur la question importante de l'accueil de plusieurs centaines de migrants à Metz et alentours.
Sur ce sujet, même la vieille droite, (ex UMP, UDI, ...) est d'accord avec le maire : il faut accueillir à bras ouverts ces hommes souvent seuls qui ensuite feront venir leurs familles.
Nous vous donnons ici la possibilité de donner votre avis sur l'accueil de nouveaux migrants. N'hésitez pas.

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