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Le dossier UNESCO plus beau que la réalité

Les médias locaux et l’affichage en ville s’en sont fait l’écho : « UNESCO : la France retient Metz ».!cid_ii_144022ce91aa4be6

 Le dossier mis en ligne sur le site de la ville, « Metz royale et impériale, confrontations stylistiques, identité urbaine et pouvoir ; proposition d’inscription sur la liste indicative française » est à la fois magnifique et passionnant.

 Magnifique, parce que les très belles photographies subliment les merveilles architecturales que nous ont laissées nos aïeux.

 Passionnante, car à la lecture du dossier de Joseph Abram, architecte nancéien, on prend conscience, s’il en était besoin, de l’histoire tourmentée de notre ville et du caractère incroyablement original et varié que celle-ci a imprimé à nos monuments.

 On ne peut cependant s’empêcher de ressentir un léger malaise à la lecture de ce dossier :

 « Metz bénéficie, à travers son secteur sauvegardé, d’une protection juridique adaptée. L’intérêt que porte la ville à son patrimoine bâti (dont témoigne l’extension récente du secteur sauvegardé et la volonté de valorisation des espaces publics) permet d’envisager une gestion scrupuleuse du bien proposé. Les Messins ne considèrent pas la cité historique comme un cadre disponible pour tous les usages. Le centre ancien et le quartier de la gare sont perçus comme des biens patrimoniaux dignes du plus grand respect. » (page 14 du dossier)

 Le secteur sauvegardé, une protection juridique adaptée ? Parlons-en !

 Par la loi du 4 août 1962, « un secteur sauvegardé est créé afin de préserver le caractère historique et esthétique du patrimoine d’une ville. Il permet la conservation, la restauration et la mise en valeur des bâtiments existants. » (1)

 Le premier secteur sauvegardé a été créé à Metz en 1975 ; il ne recouvrait qu’une petite zone descendant de la colline Sainte-Croix vers la Moselle. En 2009, la Commission nationale des secteurs sauvegardés a multiplié sa superficie quasiment par 8, le faisant aller de la rue Belle Isle à la gare et à la limite de Montigny.

 

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Cliquer sur l’image pour l’agrandir

Et pourtant, le dossier UNESCO ne propose pour l’inscription de Metz que deux zones relativement petites et bien distinctes : le « pôle cathédrale » et le « pôle gare ».

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Impossible de relier les deux zones en une seule beaucoup plus vaste, tant le circuit intermédiaire ne ressemble plus à rien : le marché couvert est ridiculisé par les auvents de Ruedi Baur, la rue Belle-Isle, le Moyen Pont, la rue de la Garde, la rue du juge Michel, la place de la République dans leur état actuel plomberaient grandement le dossier UNESCO s’ils y apparaissaient.

Et pourtant, en date du 29 avril 2010, il a été demandé au conseil municipal d’approuver l’extension du périmètre du secteur sauvegardé tel que défini en 2009. On entend sur la bande audio M. Gros dire sa fierté d’avoir défendu ce dossier à Paris, Mme Zimmermann dire son enthousiasme pour cette mesure, et son inquiétude quant aux contraintes financières que risquent de subir les foyers modestes devant faire des travaux dans ce secteur, et Mme Quillot et M. Khalifé abonder également en ce sens.

Quatre années plus tard, et alors qu’entre temps, Metz a également obtenu le label de Ville d’Art et d’Histoire, on constate donc que le chantier du Mettis a dénaturé toute une partie de ce secteur sauvegardé, et ne s’est pas contenté d’appauvrir les foyers concernés par des travaux, mais, par le biais des impôt, tous les habitants et commerçants de Metz, de Metz Métropole et d’ailleurs.

On constate aussi que le dossier UNESCO est ainsi réduit à sa portion congrue (les photographies ne montrent d’ailleurs pas le moindre aménagement récent de la municipalité en place), mais qu’il se réclame après coup et de manière quelque peu légère d’une gestion scrupuleuse du secteur sauvegardé.

Et que, comme dans le cas des arbres, le mille-feuilles législatif et administratif permettant théoriquement de protéger le patrimoine a surtout permis à nos élus de faire n’importe quoi malgré leurs belles paroles, tout en obligeant les Messins à en subir les conséquences pour longtemps encore.

Le jour où nos dirigeants mettront leurs actes en concordance avec leurs verbiages, et où l’administration sera aussi sévère avec eux qu’avec les simples Messins, la vie – et la ville – de chacun sera plus belle !

(1)    Source : dépliant « Metz ville d’art et d’histoire » édité par la ville de Metz, de même que le plan du périmètre du secteur sauvegardé

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5 commentaires
  1. En réalité j’ai du mal à imaginer que ces aménagements ont défiguré la ville : comme je l’ai dit plus haut, une place piétonne et ouverte plomberait moins un dossier UNESCO que le parking géant qui y trônait avant ; de plus je vous rappelle que le Mettis passe également devant la gare, élément phare du quartier impérial, et pourtant la nouvelle place (bien que certains regretteront l’ancienne) est loin d’être si hideuse. Par ailleurs pour revenir sur les lampadaires de la République, il n’ont rien de plus choquant que les lampadaires Starck, place De Gaulle. Il est vrai que l’on peut regretter la taille des zones, mais ce sont elles qui concordent le mieux, et le plus complètement, avec l’argumentaire du dossier : à Nancy, seules trois places, pas forcément proches les unes des autres ont été retenues, alors que d’autres sites de la ville mériteriaent aussi un classement.
    La notion de « bling-bling coûteux » reste à revoir, il est normal que de nouveaux aménagement peuvent paraître étrange lorsqu’on a été habitué à autre chose, mais aujourd’hui on voit bien que malgré eux, la volonté n’est pas de dénaturer, et l’effet non plus. Dénaturer un lieu, on a su le faire pendant longtemps, comparés les aménagement urbains des années 1960-70 à ceux d’aujourd’hui et vous verrez bien qu’il n’y a rien à voir. Il peut paraître regrettable de voir que certains aménagements, parfois radicaux, s’en prennent au passé, cependant comme ça a été le cas jusqu’à maintenant, on a cherché a prendre soin de ces restes laissés par l’histoire.
    Et, ne pensez-vous pas que les personnes chargées de la réception du dossier ne seront pas très vite mis au courant de ces aménagement ? Le cas du Mont-Saint-Michel parait d’ailleurs regrettable, il est en effet regrettable qu’on trouve que de simples éoliennes dans la nature fasse tant de mal à un paysage : un problème de génération que je ne saurais comprendre peut-être.
    Sur ce je vais arrêter de « pourrir » cet article comme nombreux doivent le penser. Au revoir.

    • Il y a la culture qui enrichit l’esprit, éduque, instruit et éclaire le citoyen sur son passé et la cul -ture façon socialiste qui avilit l’homme en « désacralisant » la morale et « bien-penser » pour rabaisser la conscience humaine…

      Metz est plus qu’une ville historique, c’est une ville d’Histoire que beaucoup de visiteurs nous envient.

      Embellir une ville comme Metz ne consiste pas à effacer les traces de son passé millénaire pour lui réinventer une historicité arangée à la faveur du moment : c’est un scandale et une profonde hérésie pour les civilisations contemporaines d’avoir par exemple défigurée la place du Gal de Gaule qui était remise en valeur commeau début du siècle, c’est un caprice hérétique d’avoir déplacé les colonnes de l’enceinte « départ » de la gare de Metz pour les réinstaller côté « arrivée », idem pour les modifications apportées au Tribunal…

      Ce n’est pas seulement un « GROS gâchis », c’est une faute contre l’histoire, un affront envers notre patrimoine culturel : hélas avec une ministre dont l’oeuvre littéraire se résume à « Toi sous moi… » que peuvent espérer les Messins pour le renouveau culturel de leur ville sinon ré-écrire le mot sous la forme moderniste du genre : vive la cul ture !

  2. C’est vous qui êtes complètement ridicule dans votre commentaire et complètement stupide.
    Metz a réellement été défigurée par les travaux du Mettis et par l’abattement édifices historiques. Il y a même eu un dépôt de plainte contre Mr GROS qui a touché à ces monuments sans l’autorisation de qui que soit. Depuis quand peut-on demander qu’une ville aussi ravagée par l’immense égo d’un maire comme GROS puisse être classée au patrimoine de l’UNESCO ?
    C’est bien vous qui n’avez aucun bon sens,qui faites preuve d’une bêtise affligeante.

  3. Je suis consterné par votre stupidité, je me demande encore si vous pensez réellement ce que vous dites et si vous surfez encore sur la vague du « Mettis a défiguré Metz ».
    Je pourrais me demander si vous avez lu le dossier en entier, ceci est fort probable car vous en avez pioché ce qui peut vous servir, l’ayant lu j’aimerais compléter votre argumentaire : pour commencer, j’ajouterais que les deux zones choisies l’ont été suivent des critères précis. En effet celles-ci doivent le mieux représenter les périodes de transformation de la ville et les échanges d’influences autour desquels est construit le dossier et ainsi ces périmètres(quartier cathédrale et impérial) sont les plus riches en édifices remarquables du XVIIIe, du XIXe et du XXe. Et cela n’exclue en rien le reste du centre ville qui reste en grande partie inclus dans une zone tampon (comprenant place Saint-Louis, Sainte-Croix, cloître des Récollets…), bien qu’elle exclue le quartier Outre-Seille.
    Autrement plus consternant, vos remarques concernant le marché et la place de la République qui sont compris dans la zone tampon. Expliquez-moi en quoi des auvents modernes défigurent une ville plus que des buildings des années 1960 plantés sur la Moselle à l’emplacement de l’ancien ghetto, et surtout comment une place piétonne dénature plus une ville ville qu’un parking géant installé à ce même emplacement auparavant ? J’en dirait de même pour le Mettis, qui n’a en rien dénaturé le centre-ville qui a même permis de l’aérer au niveau de la République et de la place du Roi-George, la seule chose qu’on peut lui reprocher est d’avoir nécessité abattage des arbres, qui ont toutefois été remplacés, et qui grandiront comme leurs prédécesseurs.
    De plus, pour votre « preuve accablante » concernant les photographie : sachez que le dossier est en préparation depuis 2008-2009 et ainsi on peut comprendre facilement qu’un bon nombre de photos aient été prise pendant l’intervalle 2009-2013 alors que la plupart des travaux (que vous haïssez tant mais aujourd’hui terminé) avaient lieu, il est bien plus logiques qu’une image de chantier empêche de voir réellement les monuments, et non une simple voie de bus.
    Il est très probable que vous ne fassiez pas apparaître ce commentaire que vous me trouviez absolument ridicule à vouloir défendre ce que je trouve absurde, mais j’ai toujours l’espoir qu’il vous reste un brin de bon sens pour comprendre mes propos et le ridicule dont vous faites preuve.

    Au revoir.

    • Monsieur,

      Vous avez tout à fait le droit de ne pas être d’accord avec moi et de l’exprimer, et je vais essayer de vous répondre aussi largement que possible. Tout d’abord, je ne remets pas du tout en cause le fait que les transports en commun en ville avaient besoin d’être améliorés, ni même qu’il puisse falloir, en dernier recours, sacrifier ici ou là un portail, un morceau de mur ancien, etc, pour adapter la ville aux besoins de circulation modernes. Permettez-moi quand même de penser qu’il y avait moyen d’améliorer les transports pour un coût bien moindre pour les contribuables et sans dégrader autant certaines rues et places de la ville.

      La place de la République, en perdant les voitures en stationnement, a aussi perdu une partie des arbres qui l’entouraient. Elle y a gagné des lampadaires de stade de foot, une forêt d’autres lampadaires modernes et blafards autour (cf. rue Winston Churchill), des jeux pour enfants modernes et fragiles, des barrières, des rafistolages, en bref, plein de choses qui semblent posées là comme des cheveux sur la soupe.

      Sur les auvents du marché couvert, je vous accorde que tous les goûts sont dans la nature. Néanmoins, certains aménagements modernes peuvent très bien se marier à des bâtiments anciens sans pour autant donner l’impression de les dénigrer. Or, dans ce cas comme dans d’autres, cette municipalité a beaucoup fait dans le bling bling coûteux et provocateur.

      Si jamais le dossier de Metz était sélectionné par la France pour être présenté devant l’UNESCO, que penseraient les experts de l’ICOMOS de ces aménagements ? Je n’en sais rien. Mais dans la mesure où, par exemple, l’UNESCO avait en 2010 ou 2011 menacé de déclassement le site du Mont-Saint-Michel à cause d’un projet d’éoliennes à 15 km, il n’est pas dit que cela leur plaise beaucoup.

      La zone tampon (qui recouvre grosso modo les limites du secteur sauvegardé définies en 2009) n’est évoquée que dans le tout dernier paragraphe du dossier « Metz royale et impériale ». D’après le RL du 11 janvier 2014, elle a été définie par trois experts indépendants en plus des deux zones cathédrale et gare proposées par la ville pour l’inscription, car « cette zone est un écrin de protection où l’on trouvera par exemple le palais de justice, chef d’œuvre unique d’architecture classique ».

      Ce ne sont quand même que deux zones séparées et relativement petites (cathédrale et gare donc) qui sont proposées à l’inscription, et si elles n’ont pas été regroupées en une seule, plus grande, et incluant notamment le palais de justice, vous ne m’empêcherez pas de penser que c’est parce que les aménagements récents faits autour de celui-ci risquaient fortement de plomber le dossier.

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Migrants
Malgré les demandes du groupe Front National, le maire de Metz et son équipe ne veulent pas demander leur avis aux messins par le biais d'un référendum sur la question importante de l'accueil de plusieurs centaines de migrants à Metz et alentours.
Sur ce sujet, même la vieille droite, (ex UMP, UDI, ...) est d'accord avec le maire : il faut accueillir à bras ouverts ces hommes souvent seuls qui ensuite feront venir leurs familles.
Nous vous donnons ici la possibilité de donner votre avis sur l'accueil de nouveaux migrants. N'hésitez pas.

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