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Budget Metz-Métropole : le discours de vérité du FN déplaît à JL Bohl

« En fait de bon sens, la démagogie suinte, même si c’est dit sur un ton doucereux » a répondu le Président Jean-Luc Bohl à mon intervention dans le Débat d’Orientation Budgétaire au Conseil de Metz-Métropole, le 16 mars 2015.

Doucereux : « d’une douceur affectée » (Larousse). C’est faux, rien n’est artificiel ici : il n’est pas nécessaire d’être une passionaria pour attester de la fermeté de ses convictions ! Est ce que mon discours « suinte la démagogie », je laisse chacun en juger…

« Monsieur le Président,

Les hommes sont naturellement doués de 5 sens, auxquels on peut ajouter un 6e : le sens de l’orientation. Vous aurez compris où je veux en venir… : aux orientations budgétaires, dont ce document est particulièrement dépourvu. Oui, on vous sent complètement désorientés devant les conséquences budgétaires des choix politiques que VOUS avez opérés depuis des années.

On s’oriente donc vers les mêmes choix obstinés : investissements démesurés, donc endettement, et fatalement hausse des taxes et des tarifs pour les usagers. En 2014 ont augmenté le prix du ticket de bus comme l’inscription au Conservatoire ; en 2015, Metz-Métropole va ajouter à la Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères (TEOM) une Redevance Spéciale (RS) pour les déchets payée par les commerçants, les artisans et les administrations.
De la part des contribuables, je vous offrirais volontiers une boussole pour tenter de réorienter le budget de notre collectivité dans le bon sens !

Le bon sens, c’est d’écouter le peuple qui ne se reconnaît pas dans vos projets somptuaires, et attend que les impôts, qu’il paye de plus en plus difficilement, soient plus utilement employés.


 

Logo du site FRTP LorraineDans le document qui nous est soumis, on part de la situation planétaire pour nous expliquer que si la croissance mondiale est dynamique, la zone €, elle, est en panne : je ne vous le fais pas dire ! Dans cette zone €, qui a été « vendue » aux Français comme devant assurer la prospérité, la France connaît une crise persistante, qui est particulièrement sensible dans notre région. Même l’exportation, point fort de la Lorraine, est en recul (-4,3% au 3e trimestre 2014), et tout le monde a pu entendre cette semaine le désespoir du secteur du BTP, dont les carnets de commande sont encore plus vides que les autres secteurs d’activité.

Le BTP demande des commandes publiques (70% de leur activité) : fort bien, encore faudrait-il que les chantiers publics ne profitent pas à l’emploi de travailleurs détachés, comme c’est le cas à Metz

(voir Envoyé Spécial « les nouveaux forçats du BTP » en partie tournée sur la ZAC de l’Amphithéâtre). Comment en est-on arrivé là ? Deux chiffres suffisent : l’actualité judiciaire (procès Bouygues sur le chantier EPR de Flamanville) rappelle que les cotisations sociales patronales s’élèvent à 51,7% en France, contre 12,1% à Chypre !

C’est du bon sens : les appels d’offre doivent privilégier les entreprises locales, employant la main d’oeuvre locale ! La Fédération du BTP vient de nous rappeler que 1 500 à 2 000 emplois sont menacés en Lorraine. Nous disons que la législation européenne est un carcan dont il faut se libérer, avant que tous nos secteurs d’activité ne disparaissent un par un. Votre document livre le constat que le chômage a progressé sur notre territoire métropolitain de 6,5% en un an : il est temps de libérer nos PMI, PME, commerçants et artisans du carcan de charges et de contraintes qui les empêche de créer les emplois dont ils ont besoin.


Quant au débat sur les institutions : face à ce millefeuille indigeste que les partis successivement au pouvoir ont créé, on nous présente la réforme territoriale comme LA solution.

Tiens ! Dominique Gros en meeting avec le Ministre, a retrouvé la rose du PS disparue de ses affiches !

Tiens ! Dominique Gros en meeting avec le Ministre, a retrouvé la rose du PS disparue de ses affiches !

Nous disons que ce bouleversement n’aboutira qu’à créer plus de complexité, de dépenses à court et moyen terme, et d’éloignement des citoyens puisque vous privilégiez, à gauche mais aussi à droite, l’empilement Intercommunalités – Grosses Régions – Union Européenne au détriment du triptyque français commune-département-Etat.

Et ce n’est pas la future Conférence Territoriale de l’Action Publique qui va régler les problèmes !

Vous présentez comme inéluctable l’intégration communautaire, alors que cette marche forcée vers l’intercommunalité se fait contre l’avis des conseils municipaux et des maires, donc contre la voix du peuple. N’avez vous rien entendu, lors de la réunion organisée à l’automne 2014 sur la Mutualisation des services communaux et intercommunaux ? A la tribune, il y avait les décideurs, et un consultant payé pour nous faire comprendre que la mutualisation était l’horizon indépassable de la modernité. Et dans la salle, l’incompréhension d’une bonne partie des conseillers que nous sommes.

Organisez un vote là dessus, comme sur le Palais des Congrès (1/3 de voix CONTRE), vous verrez que cette politique ne fait pas le consensus, au contraire !

L’argument de la bonification des dotations d’Etat (DGF) est tout simplement machiavélique : le principe est que plus les communes auront transféré de compétences, donc « joué le jeu » de l’intercommunalité, plus leur DGF sera valorisée. Nous voilà transformés en chasseurs de primes, comme les agriculteurs le sont par la Commission européenne ! Cela m’évoque aussi la réponse automatique face aux critiques sur les résultats de l’Union Européenne : « si ça ne fonctionne pas bien, c’est parce qu’il n’y a pas assez d’Europe, pas assez d’intégration fiscale, institutionnelle… » Un peu facile ! Et surtout très peu démocratique, puisque les populations ne veulent pas de cette évolution.

Vous avez fait le choix d’aller vers l’affaiblissement puis la disparition des communes, puisque vous évoquez la possibilité d’une dérogation à la loi NOTRe permettant à Metz de devenir une Communauté urbaine (avec perte de pouvoir communal, « important transfert de compétences » dites-vous) en compensation de la perte de son statut de capitale administrative régionale. Mais quel marché de dupes ! D’autant que lors de la réunion au cabinet du Premier ministre où cette possibilité a été évoquée, André Rossinot a fait la même demande au profit de Nancy…
Dominique Gros pourrait le confirmer… si pendant que nous débattons, il n’était pas à Metz en réunion électorale pour tenter de sauver les meubles socialistes en présence du Ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve. Celui-ci ferait mieux de se concentrer sur son travail, plutôt que de venir insulter un parti démocratique et ses électeurs, comme « menteurs et démagogues ».

Vous faites bien de rappeler que nous demandons de conserver à Metz le siège de l’assemblée de la Grosse Région, mais est-on vraiment en situation de négocier quand on est soumis d’avance aux diktats européens ?


Je ne prendrai que quelques exemples d’orientations néfastes, parmi celles qui sont annoncées :

Centre Pompidou Metz : Metz-Métropole augmente sa contribution annuelle de 550 000 €, soit 5,15 millions €, suite au lâchage du Conseil régional de Lorraine (- 1 million € sur les 4 millions annuels). Aucune remise en question, on continue à payer !
– Exactement comme pour le Palais des Congrès, où le forfait du Conseil général de Moselle (- 10 millions €) n’a été suivi d’aucune réorientation du projet. Metz-Métropole aurait-elle les moyens que les autres n’ont plus, pour continuer à ne pas faire les choix auxquels s’astreignent les autres ?bus
– Votre très cher Mettis, le gouffre Mettis : « Tout était sous contrôle »… nous dit-on, sauf le dérapage de l’enveloppe, de 145 à 250 millions €, et l’endettement qui plombe nos finances…

Face à « l’accroissement de la baisse des dotations » (sic), les services de Metz-Métropole ont beaucoup travaillé pour proposer aux différentes commissions les économies de fonctionnement nécessaires. Mais à quoi bon, si la gouvernance de Metz-Métropole n’est pas remise en cause ? Si vous continuez de faire des effets de manche, entre dénonciation de la « tentation du repli sur soi » et appel à continuer « d’être des phares de l’attractivité et des locomotives économiques et sociales » ? Nous ne suivrons pas vos proclamations remplies d’autosatisfaction !

Françoise GROLET
Conseiller municipal de Metz
Conseiller de Metz-Métropole

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Malgré les demandes du groupe Front National, le maire de Metz et son équipe ne veulent pas demander leur avis aux messins par le biais d'un référendum sur la question importante de l'accueil de plusieurs centaines de migrants à Metz et alentours.
Sur ce sujet, même la vieille droite, (ex UMP, UDI, ...) est d'accord avec le maire : il faut accueillir à bras ouverts ces hommes souvent seuls qui ensuite feront venir leurs familles.
Nous vous donnons ici la possibilité de donner votre avis sur l'accueil de nouveaux migrants. N'hésitez pas.

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